La tribu Dauzat à vélo en amérique du sud

One Year of Adventure : une année à vélo en famille

14 juillet 2016 - Cyclo rando, Portraits de famille

Partir un an à vélo avec ses enfants ? Prendre le temps de vivre une aventure hors normes en famille ? Envie de connaître les coulisses d’une année sur les routes du monde… Nous proposons de découvrir la joyeuse tribu de Charlotte, Lilian et bien sûr Liv et Tess ! En route !

1) Présentez-nous votre tribu ?

Les parents : Charlotte et Lilian, la trentaine entamée. Elle est directrice de la relation client et des ressources humaines dans les Telecom. Lui est consultant à son propre compte.
Les enfants : Liv, l’ainée, et Tess. Elles sont âgées de 5 et 3 ans au départ de l’aventure. Courageuses et débrouillardes elles adorent le voyage car « On découvre de nouvelles choses ! ».

Camp de base : Aix-En-Provence

Passionnés d’outdoor nous pratiquons depuis de nombreuses années escalade, ski, canyoning, kayak, trail, surf et autres ! La naissance de nos enfants ne nous a pas empêcher de continuer à bouger. Nous nous sommes adaptés et équipés pour continuer à profiter, tous ensemble, de ce que la nature a à nous offrir.

2) Quel est votre projet ?
Nous avions depuis longtemps l’envie de partir faire un long voyage à vélo. L’entrée à l’école de notre ainée nous a fait réaliser à quel point les enfants grandissent vite et que, pris dans la routine du quotidien, nous ne passons finalement que peu de temps ensemble.  Nous avons alors décidé de prendre une année en famille pour voir nos filles grandir et bâtir une solide unité familiale. L’objectif fixé, il ne restait plus qu’à trouver quoi faire pendant un an. Attirés depuis longtemps par le Yucatan d’une part et par la Patagonie de l’autre, l’idée de ralier Cancun à Ushuaia à vélo est apparue comme une évidence. Un projet parfait pour transmettre le virus de l’Aventure à nos enfants !

 

cyclo randonnée amérique du sud

On garde la pêche !

3) Comment choisissez vous votre matériel ? Comment prenez-vous en compte les contraintes pour les enfants ?

Notre premier achat a été la carriole des filles que nous voulions solide et confortable. Il était donc indispensable que le fond soit rigide (pour éviter les perforations en cas d’accrochage sur une branche, un caillou, etc.) et qu’elle soit équipée de suspensions. Nous avons préféré choisir une carriole double pour que les filles puissent voyager ensemble, il fallait donc qu’elle soit suffisamment grande pour qu’elles se sentent à l’aise.
Sa pluridisciplinarité (équipement ski ou vélo) a été un plus, à vrai dire nos premières sorties ont été en ski de rando. Nous avons ajouté une petite enceinte bluetooth pour pouvoir diffuser de temps en temps de la musique ou des histoires.

Un autre élément difficile à choisir a été la tente. Trouver une vraie tente technique, légère et 4 places n’était pas une mince affaire. Les gammes des grandes marques outdoor sont bien remplies de une à trois places mais peu proposent de bons produits quatre places.
Nous souhaitions une tente avec une seule chambre pour dormir tous ensemble : élément très rassurant pour des enfants en si bas âge. La mono chambre permet aussi d’avoir un grand espace où passer la journée en cas de mauvais temps.

Nous avons opté pour des vélos simple et robustes que nous avons équipé de tout le nécessaire de voyage : porte bagage, calles pieds, compteur, sonnette, garde boue… Il est important, quand on part pour un voyage au long court de garder le choses les plus simples possible (Keep It Stupid and Simple !). Pour les sacoches vélo, nous n’avions aucune expérience, après des heures de lecture de forum et de critiques, nous avons décidé de faire confiance à Vaude et choisi les versions étanches pour éviter de mauvaises surprise après les journées pluvieuses.

sacoches vaude

Sous le soleil sud américain…

Pour la cuisine, nous avons dû laisser au placard notre réchaud à gaz pour acheter un réchaud mutli-combustibles. Il est facile de trouver du gaz en Europe et en Amérique du nord mais une fois le Mexique passé il est presque impossible de trouver des recharges. Afin de rester le plus léger possible nous avons renouvelé notre casserole et vaisselle pour des matériaux légers et résistants.

Concernant les vêtements, la famille est équipée de la tête au pied en produit technique Patagonia qui a une bonne gamme aussi pour les enfants. Il était important que les enfants soient aussi équipés de t-shirt qui sèchent vite ou de doudounes efficaces et légères. Nous sommes attachés à cette marque car nous adhérons complètement à ses valeurs et à son éthique, et le service client est remarquable. Toujours dans l’idée de garder les choses simple, les enfants n’ont pas plus d’habits que les parents (et nous en avons relativement peu). Il est vrai que les enfants se salissent plus vite que nous mais avec des bons vêtements techniques qui sèchent rapidement il n’y a pas de problème. Inutile d’embarquer 5 T-shirt par personne.

Il ne faut pas oublier d’emporter pour les enfants quelques jouets et doudou repères qui seront rassurant pendant les moments un peu dur du voyage. Les filles ont choisit quelques livres et jouets pendant que nous gardions un œil sur en le poids global de ses petits trésors. On se retrouve vite avec des kilos de doudous !

De manière générale, nous avons privilégié des marques bénéficiant d’une bonne réputation, des produits fiables et facilement réparables (lorsque cela était possible). Nous avons beaucoup recherché sur les blogs d’autres voyageurs et magazines spécialisés. Même si le budget était serré, nous avons toujours vu nos achats comme des investissements sur lesquels il vaut mieux ne pas se tromper. Lorsque la tente est votre unique maison pour une année, mieux vaut y mettre le prix et assurer la qualité !

4) Comment avez-vous choisi les itinéraires, les étapes, etc. Il semble que la souplesse et l’adaptation soit l’un de vos atouts…Pouvez-vous nous en dire plus?

Nous avons pris soin de ne surtout pas tracer d’itinéraire précis avant de partir. Nous nous sommes contentés de noter des points d’intérêts, des routes particulièrement recommandées  (ou au contraire à éviter) en ayant comme ligne directrice la côte pacifique de l’Amérique du Sud. Il ne faut pas oublier également que dans ce coin de la planète la nature est parfois capricieuse : les glissements de terrain peuvent couper une route du jour au lendemain et une piste peut se transformer en torrent de boue après un fort épisode pluvieux !

Nous avons mis le premier coup de pédale le 10 Janvier. Sans nous en rendre compte, nous sommes partis « très fort » au début de notre voyage, absorbés par le challenge physique. Au bout de deux mois, nous avons réalisé que nous étions en train de perdre de vue notre objectif : passer un an « ensemble ». Ce n’est pas parce que nous sommes géographiquement au même endroit que nous sommes pour autant disponible les uns pour les autres.

Nous avons alors changé de rythme pour permettre à chacun, petit et grand, de profiter pleinement de cette année : pédaler pendant 4 à 5 jours d’affilé, puis s’arrêter quelque part pendant 2 à 4 jours. Ceci fonctionnait parfaitement jusqu’au Panama car les opportunités de s’arrêter et prendre du bon temps sont nombreuses. En poursuivant en Amérique du Sud, nous avons évalué que nous ne pourrions pas maintenir ce rythme, certaines zones désertiques étant monotones et très longues à traverser. Même si nous sommes  physiquement capables d’aller jusqu’en Patagonie, nous avons préféré changer nos plans et continuer le voyage en Europe afin de conserver ce nouveau rythme qui permet à chaque membre de la famille de s’épanouir pleinement.
Depuis le mois de mai nous roulons donc en Europe en nous laissant porter par les conseils glanés en cours de route et jusqu’à présent, cela marche plutôt bien !

Nous roulons en moyenne 55km par jour mais chaque jour est unique. Nous nous étions dit avant de partir que nous ne ferions pas plus de 40 à 50km par jour. Une fois en selle, on apprend qu’il est souvent difficile de tenir les prévisions. Notre plus petite (et plus difficile !) étape était de 12km et la plus longue de 120km. Jamais nous n’aurions pensé faire des journée à 80 ou 100km avant le départ. Aujourd’hui ce sont des journées « qui arrivent » !

5) Comment ça se passe le quotidien avec les enfants ? Décrivez nous une journée type ?
En Amérique Centrale nous avons énormément souffert de la chaleur. En 4 mois, la température la plus fraiche que nous avons eu était 24° et le mercure montait souvent au delà des 44°. Les adultes se levaient à 4h30 du matin pour déjeuner et ranger le matériel. Nous déplacions alors les enfants encore endormis dans la carriole, mettions un linge humide sur leur moustiquaire et mettions le premier coup de pédale entre 5h et 5h30 du matin, dès le lever du soleil. A leur réveil, vers 8h, les filles trouvaient dans leur pochette un jus de fruit et un paquet de gâteau pour leur petit déjeuner.
Nous faisions une pause à chaque changement de pilote. Nous alternons la carriole entre nous deux tous les 20km, cela donne l’occasion à celui qui ne tire pas de bien se reposer derrière et de faire la circulation le cas échéant.
Vers midi nous nous arrêtions dans une Tienda pour manger un Casado de Pollo (plat au poulet local qui comprend du riz, des tomates, des haricots rouges et du poulet).
Notre objectif était de se mettre à chercher un endroit où passer la nuit au plus tard à 14h afin d’avoir du temps l’après midi pour faire autre chose que du vélo et d’avoir de la marge de manœuvre « au cas où ». Les adultes ne se font généralement pas prier pour se coucher immédiatement après la lecture de l’histoire aux enfants !

Maintenant sous des latitudes moins chaudes, nous partons plus tard le matin, généralement vers 9h après un petit déjeuner partagé à 4. Les changements de carrioles sont fait autant que faire se peut près d’un parc avec des jeux pour enfants. C’est un vrai plus pour Liv et Tess qui n’ont que peu joué dans les parc en Amérique Centrale car il faisait trop chaud et les structures étaient rares. Nous nous arrêtons en milieu d’après-midi au camping et faisons des jeux ou des étirements ensemble.

amérique du sud à vélo

Petit cours de géographie sur le terrain 🙂

8) Pourquoi voyager en famille ?

 Avec une vie la semaine qui ressemble pour les parents un peu à : vite on prépare tout le monde, on court à l’école, on perd du temps dans les bouchons pour aller au boulot, on reprend les bouchons au retour, on profite de l’heure précieuse que nous avons avec nos enfants avant le coucher en espérant que les soucis de la journée s’envolent par magie, on se couche épuisés et on recommence… on a l’impression de passer à côté de ce qui n’attend pas : nos enfants qui grandissent. Voyager en famille c’est prendre le temps pour mieux connaitre ses enfants et construire une identité familiale.

bivouac en famille

Le bivouac est toujours un moment de partage intense avec les enfants

Voyager au long cours en famille c’est s’offrir un luxe qui n’a pas de prix : le temps. Le temps de profiter de chacun.

Voyager avec des enfants c’est leur faire découvrir et apprendre des choses en les ayant vécues. C’est les exposer à des langues et des cultures différentes ce qui permet de les sensibiliser à ce qu’est le monde.

Enfin, le voyage en famille nous permet d’apprendre à nos enfants à se débrouiller, à aller vers les autres et à trouver des solutions lorsque des problèmes se présentent.

 

Tout l’esprit Tribu Outdoor en fait 🙂

Merci Charlotte et Lilian, et bonne route !

Retrouvez leurs aventure sur leur bloget sur Facebook

Cr̩dits photos РOne year of adventures

3 commentaires

  1. Richaud dit :

    Très bel article !

  2. Lacombe Frédéric dit :

    Salut la Famille
    C’est ton cousin Frédéric qui habite du côté Dinan
    Ça serait un plaisir de vous acueillir
    Bravo pour votre trip avec les enfants

    1. Lilian dit :

      Merci Frederic on prend bonne note si on passe dans la région !

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